Une balade à pied dans la vieille ville d'Héraklion
Que peut-on voir à pied dans la vieille ville d'Héraklion ?
Le centre historique d'Héraklion est compact et se parcourt facilement à pied, du port vénitien et de la forteresse de Koules, le long des remparts du seizième siècle, jusqu'à la place des Lions et au musée archéologique. La ville n'a ni train ni métro : les visiteurs arrivent en voiture de location, en autocar KTEL ou par l'aéroport d'Héraklion, puis découvrent la vieille ville à pied.
Une ville construite autour de ses remparts
Héraklion est la capitale de la Crète et de loin sa plus grande ville, avec environ 180 000 habitants dans les limites municipales et plus de 200 000 sur l’ensemble de son agglomération. C’est aussi, pour beaucoup de visiteurs, la partie la moins bien comprise de l’île : un port de travail et une capitale administrative qu’on traite trop souvent comme une simple étape entre l’aéroport et les plages, alors que sa vieille ville mérite une vraie promenade pour elle-même.
Le centre d’Héraklion est assez petit pour se parcourir entièrement à pied, et c’est d’ailleurs la seule façon de le découvrir. Il n’y a ni métro, ni tramway, ni train nulle part en Crète : une fois arrivé — en voiture de location, en autocar KTEL le long de la côte nord, ou par avion via l’aéroport d’Héraklion — la vieille ville se vit à pied. Les rues se resserrent en ruelles à quelques pâtés de maisons du port, et le cœur historique s’inscrit dans un anneau de fortifications qui, en grande partie, définit encore sa forme aujourd’hui.
Ce guide suit une boucle qu’un visiteur disposant d’une matinée ou d’un après-midi peut raisonnablement parcourir : le port vénitien et sa forteresse, un tronçon des vieux remparts, les places centrales, et le musée archéologique qui conserve davantage de Knossos que Knossos lui-même.
Le port vénitien et la forteresse de Koules
La plupart des balades dans Héraklion débutent au vieux port, où la silhouette trapue et couleur de sable de la forteresse de Koules garde l’entrée de l’eau. La forteresse date de l’époque vénitienne, lorsqu’Héraklion s’appelait Candie et servait de cœur administratif à la colonie crétoise de Venise. Ses murs épais et ses embrasures à canon furent conçus pour résister aux bombardements navals, et ils ont tenu leur rôle très longtemps — un détail à garder en tête, car cette balade mène ensuite à l’histoire du siège qui finit par briser les défenses de la ville.
Derrière la forteresse, les vieux arsenaux vénitiens — de longs hangars voûtés autrefois utilisés pour construire et réparer les galères — bordent une partie du front de mer, rappelant que Candie était autant une base navale active qu’une ville fortifiée. Un regard détaillé sur les fortifications et leur lien avec les remparts est proposé dans un guide séparé consacré à la forteresse de Koules et aux remparts vénitiens, utile si c’est cette étape qui vous intéresse le plus.
Pour les visiteurs qui préfèrent se faire raconter le port et la vieille ville chemin faisant, une option guidée couvre directement ce terrain.
une balade guidée dans la vieille ville et le port d’Héraklion
Pour ceux qui manquent de temps ou voyagent avec une mobilité réduite, un tuk-tuk électrique parcourt une boucle similaire du centre sans imposer une longue marche.
un circuit en tuk-tuk électrique dans le centre historique d’Héraklion
Sur les remparts : où repose Kazantzakis
Depuis le port, les fortifications vénitiennes se découvrent au mieux en montant sur les remparts eux-mêmes, un système de fortification construit et sans cesse renforcé aux seizième et dix-septième siècles, alors que Venise se préparait à une attaque ottomane qu’elle savait inévitable. De longs tronçons de rempart et plusieurs bastions ont survécu, et marcher au sommet des murs donne une idée précise de l’immense périmètre que les défenseurs de Candie devaient tenir.
Au bastion Martinengo, sur le tronçon sud des remparts, se trouve la tombe de Nikos Kazantzakis, l’écrivain le plus connu d’Héraklion et l’auteur de Zorba le Grec. Il aurait choisi lui-même ce point élevé au-dessus de la ville pour sa sépulture, et le site porte sa propre épitaphe plutôt qu’une formule religieuse conventionnelle — un détail lié à ses rapports difficiles avec l’Église orthodoxe de son vivant.
C’est l’une des étapes les plus discrètement émouvantes de cette balade : une tombe moderne installée directement dans des fortifications bâties quatre siècles plus tôt, avec les toits de la vieille ville qui s’étendent en contrebas. Un tableau plus complet de Kazantzakis et de sa place dans l’identité de la ville, y compris le roman qui a rendu célèbre dans le monde entier son alter ego fictif d’Héraklion, est proposé dans un guide séparé sur Kazantzakis et Zorba à Héraklion.
Des remparts à la place des Lions
En redescendant des remparts, la balade se dirige naturellement vers la place des Lions, cœur civique de la vieille ville, nommée d’après la fontaine vénitienne qui la centre. La place et les rues qui en rayonnent furent façonnées sous la domination vénitienne, et une grande partie du tracé de la vieille ville — des ruelles étroites s’ouvrant sur de petites places, des bâtiments proches de la rue — reflète encore cette époque plutôt qu’une période plus récente.
C’est aussi la partie de la ville où Héraklion ressemble le plus à une cité grecque vivante plutôt qu’à un décor historique : boutiques, kiosques et rues piétonnes font passer la vie quotidienne ordinaire par les mêmes ruelles que les touristes empruntent pour l’architecture. Plutôt que de citer des cafés ou des boutiques précises, qui changent d’une saison à l’autre, il suffit de dire que ce tronçon entre la place et les rues environnantes est celui où la plupart des visiteurs finissent par s’arrêter, simplement parce que c’est là que la vieille ville concentre le plus de passage.
Le musée archéologique d’Héraklion : où se trouvent les vraies fresques
Une courte marche depuis la place des Lions mène au musée archéologique d’Héraklion, et cette étape compte plus que sa modeste superficie ne le laisse penser. Le musée conserve les objets minoens originaux découverts à Knossos et sur les autres sites minoens de Crète, y compris les fragments de fresques que la plupart des visiteurs associent à Knossos lui-même.
Cette distinction mérite d’être posée clairement : ce qui est exposé sur le site de Knossos aujourd’hui, à environ cinq kilomètres d’ici, relève en grande partie de reconstructions et de répliques réalisées au début du vingtième siècle. Le véritable enduit peint — les acrobates du taureau, les griffons, les processions de personnages — se trouve ici, dans des vitrines climatisées du musée, et non en plein air sur les ruines du palais.
Il existe un billet combiné couvrant à la fois le musée et le site de Knossos, et associer les deux, dans un ordre ou dans l’autre, donne une image bien plus complète que la visite d’un seul des deux. Le musée est traité plus en profondeur dans un guide dédié au musée archéologique d’Héraklion, et le lien entre les deux sites est exposé plus loin dans un guide sur Knossos et le musée d’Héraklion ensemble.
Pour les visiteurs qui souhaitent combiner le palais lui-même avec cette balade en ville, une option conjointe couvre les deux en une seule sortie.
un circuit combiné du palais de Knossos et de la vieille ville d’Héraklion
Ceux qui prévoient une visite de Knossos à part devraient aussi lire le guide pratique consacré à la visite du site du palais de Knossos, et la page destination consacrée à Knossos couvre sa place dans la région.
Candie : vingt et un ans sous le siège
Difficile de suivre cette boucle — la forteresse du port, les remparts, le bastion où repose Kazantzakis — sans que l’histoire du siège ne s’installe en arrière-plan. Héraklion, alors Candie, fut le siège du pouvoir vénitien en Crète de 1204 jusqu’à la chute finale de l’île face à l’Empire ottoman en 1669. La fin vint lentement : les forces ottomanes débarquèrent en Crète en 1645, et dès 1648 la ville de Candie elle-même était assiégée. Elle tint vingt et un ans, une durée extraordinaire pour un seul siège, soutenue en partie par le ravitaillement et l’appui venus par mer de Venise et de ses alliés, avant que la ville ne se rende finalement en 1669.
Parcourir les remparts en gardant cette chronologie en tête change la manière dont on lit les fortifications. Ce n’étaient pas des défenses décoratives ; elles furent testées, à répétition, sur plus de deux décennies de guerre active, et elles faillirent tenir. L’histoire plus large de la domination vénitienne en Crète, de 1204 à 1669, et de son influence sur les villes de l’île au-delà d’Héraklion, est traitée dans un guide séparé sur la Crète vénitienne.
L’article de blog sur les fresques de Knossos, en réalité des copies revient également sur la part de ce que les visiteurs imaginent de la Crète antique et qui se trouve, à y regarder de plus près, dans une vitrine de musée plutôt que sur place — un schéma qui se répète avec les remparts eux-mêmes, dont une bonne partie a été restaurée et renforcée au fil des siècles plutôt que d’avoir traversé intacte une seule époque.
La vieille ville d’Héraklion en un coup d’œil
| Étape | Ce que c’est | Pourquoi elle figure sur cette balade |
|---|---|---|
| Port vénitien | Vieux port avec la forteresse de Koules à son entrée | Point de départ, et la structure vénitienne la plus évidente de la ville |
| Forteresse de Koules | Porte fortifiée gardant l’entrée du port | Défendait le port pendant le siège ottoman |
| Les remparts / bastion Martinengo | Ceinture fortifiée du seizième siècle | Tombe de Nikos Kazantzakis, vues sur la vieille ville |
| Place des Lions | Place centrale avec fontaine vénitienne | Cœur civique de la vieille ville, principales rues piétonnes |
| Musée archéologique d’Héraklion | Musée conservant les trouvailles minoennes | Fresques originales de Knossos ; billet combiné avec le site |
Rues de marché et forme de la vieille ville
Entre les principaux monuments, la vieille ville se savoure surtout en flânant plutôt qu’en suivant un itinéraire strict. Les rues qui partent de la place des Lions vers les remparts traversent des îlots mixtes, résidentiels et commerçants, où des bâtiments d’époque vénitienne côtoient des constructions du vingtième siècle, en grande partie reconstruites après les dégâts de la Seconde Guerre mondiale. Héraklion fut bombardée pendant la bataille de Crète et ses suites, et le tissu de bâtiments anciens et plus récents dans certaines parties du centre reflète autant cette histoire qu’une quelconque période architecturale unique.
Les voyageurs qui souhaitent intégrer la culture gastronomique de la ville à cette balade, plutôt que de la traiter séparément, disposent d’une option centrée sur la dégustation, qui parcourt bon nombre des mêmes rues.
une balade gastronomique dans la vieille ville d’Héraklion
Pour une vision plus large des activités en ville et aux alentours, au-delà de cette boucle à pied, le hub activités à Héraklion recense circuits, musées et excursions à la journée au départ du même centre. Ceux qui préfèrent le vin à une balade à pied, et disposent d’une voiture ou d’un chauffeur pour l’après-midi, peuvent aussi rejoindre les villages viticoles d’Archanes et Dafnes, à peu de distance au sud de la ville, l’une des principales régions viticoles de Crète.
Rejoindre Héraklion et s’y déplacer sans train
Cela mérite d’être répété, car les visiteurs le supposent souvent à tort : la Crète n’a pas de chemin de fer. Il n’existe aucune gare à Héraklion ni de liaison ferroviaire nulle part sur l’île, malgré sa taille. On rejoint la ville en voiture de location, par le réseau d’autocars KTEL — qui assure un service vraiment utile le long de la côte nord, reliant Héraklion à Rethymno, La Canée et Agios Nikolaos — ou par avion, via l’aéroport d’Héraklion, code HER, suffisamment proche du centre pour un court trajet en taxi ou en bus.
Une fois dans la vieille ville elle-même, rien de tout cela ne compte plus : le centre est compact, largement piétonnisé dans son cœur historique, et marcher reste la seule façon pratique de circuler entre le port, les remparts, les places et le musée. Tous les détails sur le réseau d’autocars figurent dans le guide des bus KTEL en Crète, sur les conditions de conduite et la location de voiture dans le guide de la location de voiture en Crète, et sur le terminal lui-même dans le guide de l’aéroport d’Héraklion.
Les visiteurs qui préfèrent explorer à leur propre rythme, avec des commentaires mais sans groupe ni guide fixe, disposent d’une option audio autonome couvrant le même terrain que cette balade.
une visite audioguidée en autonomie d’Héraklion
Cette balade dans un séjour plus large
Héraklion constitue une bonne base pour un court séjour centré sur la ville et Knossos, ou comme étape avant de poursuivre plus loin sur l’île. Une structure sur deux jours couvrant la vieille ville à un rythme tranquille, plus Knossos et le musée, est détaillée dans l’itinéraire Héraklion en deux jours, utile pour les voyageurs qui construisent un parcours plus long autour de la ville plutôt que de la traiter comme un simple après-midi sur la route vers ailleurs.
Points pratiques avant de partir
Quelques points méritent d’être gardés à l’esprit plutôt que vérifiés le jour même. Les horaires d’ouverture du musée, du site de Knossos et des remparts varient selon la saison et ne sont pas assez fiables pour être cités ici — vérifiez les horaires actuels avant de construire votre journée autour d’une étape précise. Il en va de même pour les tarifs d’entrée : les prix sont fixés et ajustés indépendamment de ce guide, et le seul chiffre fiable qui mérite d’être répété est qu’il existe un billet combiné couvrant à la fois Knossos et le musée archéologique, généralement rentable si vous comptez voir les deux.
Des chaussures fermées et confortables comptent plus que tout pour cette balade. Le sol en pierre, sur les remparts et dans certaines parties de la vieille ville, est inégal, et l’ascension des remparts se fait par des marches plutôt que par une rampe. L’ombre est limitée en milieu de journée, en particulier autour du port et sur les tronçons de remparts à découvert : un départ matinal ou une balade en fin d’après-midi sont donc plus confortables qu’une sortie en milieu de journée, surtout en dehors des mois les plus frais.
Balade dans Héraklion : questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour faire le tour de la vieille ville d’Héraklion ?
Une boucle couvrant le port, les remparts, la place des Lions et le quartier du musée se fait aisément à allure tranquille en une matinée ou un après-midi. Prévoyez du temps supplémentaire à l’intérieur du musée archéologique, qui mérite une vraie visite plutôt qu’un simple passage rapide.
Où est enterré Nikos Kazantzakis à Héraklion ?
L’écrivain repose au sommet des remparts vénitiens, sur le bastion Martinengo, en un lieu qu’il aurait lui-même choisi pour la vue sur la ville et la mer. La tombe porte sa propre épitaphe plutôt qu’une inscription religieuse, ce qui reflète sa relation compliquée avec l’Église au moment de sa mort.
Les fresques visibles à Knossos sont-elles les originales ?
Non. Ce qui est exposé sur le site de Knossos aujourd’hui, ce sont des répliques et des reconstructions partielles. Les fragments de fresques originaux sont conservés au musée archéologique d’Héraklion, à environ cinq kilomètres de là, et il existe un billet combiné couvrant à la fois le site et le musée.
Peut-on se déplacer à Héraklion en train ?
Non. La Crète n’a de chemin de fer nulle part sur l’île. La vieille ville d’Héraklion se parcourt à pied une fois qu’on y est arrivé, et on rejoint la ville elle-même en voiture de location, par le réseau d’autocars KTEL, ou via l’aéroport d’Héraklion, connu sous son code HER.
Comment rejoindre le centre-ville depuis l’aéroport d’Héraklion ?
L’aéroport d’Héraklion est tout proche de la ville, et les voyageurs rejoignent le centre en taxi, en bus local ou en voiture de location prise près du terminal. La vieille ville se découvre ensuite entièrement à pied, ses rues étroites n’étant pas conçues pour la circulation automobile.
Combien de temps Candie a-t-elle résisté au siège ottoman ?
La ville, alors connue sous son nom vénitien de Candie, a résisté au siège ottoman pendant vingt et un ans, de 1648 à 1669, ce qui en fait l’un des plus longs sièges de l’histoire connue avant sa chute finale.
La vieille ville d’Héraklion est-elle accessible avec des enfants ou à mobilité réduite ?
La boucle principale autour du port, des remparts et de la place des Lions est plate et assez courte pour la plupart des familles. L’ascension des remparts eux-mêmes implique des marches et une pierre inégale ; une poussette ou un fauteuil roulant se garde plus facilement dans les rues et sur les places en contrebas.
Quel est le meilleur moment de la journée pour commencer cette balade ?
Commencer le matin permet d’éviter la chaleur la plus forte, surtout en été, et laisse le temps de visiter le musée archéologique avant qu’il ne se remplisse. Le port et les remparts méritent aussi qu’on y retourne en fin de journée, quand la lumière s’adoucit sur l’eau.
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