La plupart des voyageurs découvrent Souda pour la première fois à moitié endormis, en descendant d’un ferry de nuit, sac sur l’épaule, Chania encore à dix minutes de route. C’est une introduction assez juste à ce qu’est réellement cet endroit. Souda est un port de travail et une base navale sur une baie profonde et abritée, pas une station balnéaire, et la péninsule qui la surplombe, Akrotiri, est un mélange tranquille de monastères, d’oliveraies et de quelques criques plutôt qu’une destination de plage.
Cette page présente ce qu’il y a vraiment à découvrir une fois la passerelle abaissée : un cimetière militaire dont l’histoire éclaire la façon dont la Crète moderne parle d’elle-même, deux monastères en activité à peu de distance l’un de l’autre, et un littoral mieux adapté à une matinée tranquille qu’à un itinéraire chargé.
Le port avant la péninsule
La baie de Souda est l’un des ports naturels les plus profonds de Méditerranée, ce qui explique exactement pourquoi elle a été disputée militairement et développée plutôt que tournée vers le tourisme. Le ferry de nuit depuis Le Pirée accoste ici, au terme d’une traversée d’environ neuf heures qui se déroule en parallèle de la ligne distincte Pirée-Héraklion, de l’autre côté de l’île.
Les voyageurs arrivant en avion atterrissent quant à eux généralement à l’aéroport de Chania, à Souda même, un détail qui surprend ceux qui s’attendaient à un aéroport proche de la vieille ville ; en réalité, la piste se trouve à quelques minutes du port, et la base navale partage le même tronçon de côte.
Rien de tout cela ne fait de Souda un endroit où s’attarder. Il n’y a pas de vieille ville ici, pas vraiment de front de mer à proprement parler, et aucune plage qui vaille la peine de changer ses plans. Ce que Souda offre à un voyageur, c’est de la logistique : un terminal de ferry, une station-service, des comptoirs de location de voitures près de l’aéroport, et un carrefour où la vraie décision est de se diriger vers la ville de Chania ou vers la péninsule d’Akrotiri. À considérer comme un point de passage plutôt que comme une étape, cela prend tout son sens sur la carte.
La seule exception, et la raison d’être de cette page, est le cimetière militaire situé sur la rive nord de la baie. Il vaut le détour même pour les voyageurs qui n’ont aucun ferry à prendre ni aucun vol à attraper.
Le cimetière militaire du Commonwealth à la baie de Souda
Sur une légère éminence dominant l’eau, le cimetière militaire de la baie de Souda rassemble près de 1 500 tombes du Commonwealth, la plupart datant de la bataille de Crète, qui débuta le 20 mai 1941 avec la première invasion de l’histoire menée principalement par des troupes aéroportées. Des parachutistes allemands se sont déployés en force autour de Maleme et de Chania, tandis que la Royal Navy et les défenseurs alliés et crétois se battaient pour tenir l’île ; la bataille fut perdue en dix jours, mais la résistance qui suivit, et les pertes recensées ici, ont marqué durablement la façon dont l’île commémore encore la guerre.
Le cimetière lui-même est sobre : des rangées de stèles blanches sous les cyprès et les eucalyptus, tournées vers la baie, entretenues par la Commonwealth War Graves Commission. L’entrée est libre, le site ouvert tous les jours, et aucune présence commerciale ne vient troubler les lieux, ce qui n’est pas étranger à l’émotion qu’ils suscitent. Lire l’âge inscrit sur les stèles, souvent à peine plus de vingt ans, en dit plus long que n’importe quelle plaque explicative.
Pour les visiteurs qui souhaitent que l’histoire leur soit racontée plutôt que simplement absorbée en silence, une visite guidée qui associe le cimetière aux bunkers et positions d’artillerie de la Seconde Guerre mondiale autour de Chania couvre le terrain que les stèles ne font qu’esquisser, et les voyageurs qui construisent une journée entière autour de 1941 optent parfois pour le circuit de deux jours à travers les sites clés de la bataille de Crète au départ de Chania plutôt que d’essayer de tout condenser en un après-midi.
Pour approfondir avant ou après la visite, le récit complet de la bataille de Crète et un article complémentaire sur la résistance crétoise et les cimetières militaires de l’île constituent de meilleurs points de départ que d’essayer de reconstituer la campagne à partir d’un seul site.
Maleme n’est pas Souda : deux cimetières, deux armées
C’est une confusion facile à faire, qu’il vaut mieux dissiper avant une visite plutôt qu’après. Le cimetière du Commonwealth se trouve dans la baie de Souda, près du port de ferry et de l’aéroport. Le cimetière militaire allemand est un site entièrement distinct, au-dessus du village de Maleme, à environ 20 km à l’ouest le long de la route côtière, près de l’aérodrome où la première vague de parachutistes a atterri le 20 mai 1941 et où se sont déroulés certains des combats les plus violents des premiers jours.
Les deux sites ont été édifiés par des commissions différentes, rassemblent les morts d’armées différentes et se trouvent dans des paysages différents : Souda en contrebas, au bord de l’eau, Maleme sur une colline avec vue sur la mer que les parachutistes eux-mêmes auraient contemplée en approchant. Les voyageurs disposant de temps pour les deux les visitent en général comme deux étapes distinctes d’une journée qui inclut aussi Chania, plutôt que comme une seule excursion, car le trajet entre les deux traverse la ville plutôt que de la contourner.
Akrotiri : monastères et côte tranquille
Au nord et à l’est de Souda, la péninsule d’Akrotiri s’élève en un plateau de garrigue, de terrasses d’oliviers et de quelques villages épars, fermé à son extrémité par la base navale et, sur sa côte est, par des falaises plongeant dans la mer. Ce n’est pas une péninsule conçue pour les vacances balnéaires, et elle ne prétend pas l’être ; il n’y a ici ni bande de stations balnéaires, ni vie nocturne organisée, ni chaîne de concessions de transats. Ce qu’elle offre en revanche, c’est du calme, et deux monastères qui valent le déplacement à eux seuls.
Agia Triada (la Sainte-Trinité), bâti dans les années 1600 par des moines d’origine vénéto-crétoise, est le plus visité des deux : une façade Renaissance couleur miel, une communauté active, et une boutique vendant l’huile et le vin du monastère. Une route étroite se poursuit ensuite jusqu’à Gouverneto, plus ancien et plus austère, d’où un sentier escarpé descend à travers un ravin jusqu’au monastère troglodyte en ruines de Katholiko, l’un des plus anciens sites monastiques de l’île et, rien que pour la marche, le plus mémorable des deux.
| Site | Distance depuis Souda | Ce que c’est |
|---|---|---|
| Monastère d’Agia Triada | Environ 15 minutes en voiture | Monastère actif du XVIIe siècle, boutique proposant sa propre huile et son propre vin |
| Monastère de Gouverneto | Environ 20 minutes en voiture | Monastère plus ancien et plus calme, point de départ de la marche vers Katholiko |
| Ruines de Katholiko | 30-40 minutes de marche depuis Gouverneto | Ruines d’un monastère troglodyte au fond d’un ravin rocheux, sans aucun équipement |
| Crique de Seitan Limania | Environ 25 minutes en voiture, puis des marches | Crique étroite bordée de falaises, descente abrupte, aucune ombre |
Les deux monastères en activité observent le même code vestimentaire qu’Arkadi et Preveli : épaules et genoux couverts. Pour un itinéraire reliant les deux monastères aux coins les plus tranquilles du plateau en une seule boucle, voir la randonnée des monastères d’Akrotiri.
Le littoral occupe une place plus modeste dans ce récit, et il est honnête de le dire. Seitan Limania, une crique étroite encaissée entre des falaises et accessible par un escalier abrupt, est la plus connue, et Marathi, une baie abritée sur le versant sud de la péninsule, en est l’alternative plus paisible. Aucune des deux ne dispose des infrastructures d’une plage de station balnéaire ; toutes deux sont détaillées, avec quelques criques moins connues, dans le guide sur Seitan Limania et les criques d’Akrotiri.
Se déplacer : la voiture plutôt que le car
Le réseau de bus KTEL est un moyen vraiment pratique de circuler le long de la route côtière nord de la Crète, reliant Chania, Rethymno, Héraklion et Agios Nikolaos selon une fréquence raisonnable. Akrotiri, c’est une autre affaire. Les monastères, points de vue et criques de la péninsule se trouvent à l’écart de cet axe, reliés par des routes secondaires étroites avec peu ou pas de service régulier, et le rôle de Souda elle-même est celui d’un port et d’un pôle de transport plutôt que d’une étape à atteindre en bus pour elle-même.
En pratique, cela signifie une voiture de location ou un taxi depuis Chania. Pour la logistique avant de s’engager sur un plan, les guides sur la location de voiture en Crète et conduire en Crète couvrent les conditions de contrat et les habitudes de conduite à connaître avant de s’engager sur la route en lacets vers le ravin de Gouverneto ou les marches de Seitan Limania.
Les voyageurs sans voiture, ou arrivant avec une correspondance de ferry serrée et quelques heures à occuper, sont en général mieux servis par un transfert privé ou une excursion guidée qui tient déjà compte de la configuration de Souda, comme le circuit privé d’une journée au départ de la baie de Souda vers le palais de Knossos, à l’intérieur des terres, destiné aux passagers de ferry ou de croisière qui souhaitent bien employer une courte fenêtre de temps plutôt que de la gérer seuls.
Des bateaux qui partent de Souda, par ailleurs
Le port de Souda ne se limite pas à accueillir le ferry de nuit : plusieurs excursions en bateau le long de ce tronçon de côte en partent également, en direction de la baie de Marathi, de Seitan Limania ou plus loin le long du littoral, plutôt que de proposer une quelconque activité sur le rivage même d’Akrotiri. Une croisière à thème pirate avec arrêts baignade au départ de Souda et une excursion en bateau privé depuis Marathi jusqu’à Seitan Limania sont toutes deux conçues pour atteindre une crique qui, sinon, ne se rejoint qu’à pied par une descente abrupte, et non pour offrir une base de sports nautiques à Souda même.
Des excursions plus complètes le long du littoral Cretan Blue, ainsi que des croisières en catamaran avec déjeuner à bord, utilisent également Souda comme point de départ plutôt que comme destination, ce qui vaut la peine d’être su si une confirmation de réservation indique Souda comme point de rendez-vous : la partie intéressante du trajet se déroule plus loin le long de la côte, pas au port.
Combien de temps et d’argent prévoir pour cette zone
Une demi-journée suffit à l’essentiel : environ une heure au cimetière militaire, un trajet jusqu’à Agia Triada et Gouverneto, et du temps pour déjeuner, soit sur la péninsule, soit de retour à Chania. Ajouter la marche jusqu’à Katholiko ou un arrêt dans une crique fait basculer cela vers une journée complète.
| Poste de dépense | Coût habituel |
|---|---|
| Carburant pour une boucle d’une demi-journée depuis Chania | 10-15 € |
| Entrée au monastère (Agia Triada) | Petit don, généralement quelques euros |
| Déjeuner dans une taverne près de Souda ou de Chania | 12-20 € par personne |
| Visite guidée sur la Seconde Guerre mondiale avec cimetière et bunkers | Variable selon l’opérateur, généralement un tarif à la demi-journée |
| Excursion en bateau de Souda vers Marathi ou Seitan Limania | Variable selon l’opérateur et la saison |
Une journée combinant le cimetière, les monastères et un déjeuner simple entre confortablement dans un budget de 30 à 70 € par personne, avant l’ajout d’une visite guidée ou d’une excursion en bateau.
Où se loger
Personne ne dort à Souda par choix, et il y a peu de raisons d’essayer. La ville de Chania, avec son port vénitien et sa vieille ville, se trouve assez proche pour faire de Souda et d’Akrotiri une boucle d’une demi-journée plutôt qu’un déménagement, tout en donnant accès à tout le reste de l’ouest de l’île.
Pour bien choisir où loger et combien de temps rester, voir où se loger en Crète et combien de jours passer en Crète ; pour un programme de deux jours intégrant déjà une matinée à Souda et Akrotiri, Chania en deux jours est un point de départ plus efficace que d’en composer un de zéro. Les activités propres à ce tronçon de côte sont regroupées dans que faire à Souda et Akrotiri.
Souda et Akrotiri : les questions les plus souvent confondues, clarifiées
Souda est-elle un endroit où séjourner, ou juste une escale de ferry ?
Souda est un port de travail et une ville navale, pas une base de vacances. Presque tous ceux qui y passent embarquent ou débarquent du ferry de nuit vers ou depuis Le Pirée, ou visitent le cimetière militaire voisin. Pour dormir, préférez la ville de Chania, à dix ou vingt minutes de là.
Combien de temps dure la traversée en ferry entre Le Pirée et Souda ?
Le ferry de nuit entre Le Pirée et Souda, le port de Chania, dure environ neuf heures, comme la ligne distincte vers Héraklion. Les bateaux partent généralement du Pirée en soirée et accostent à Souda le lendemain matin, ou l’inverse dans l’autre sens.
Le cimetière militaire du Commonwealth à Souda est-il le même que le cimetière allemand ?
Non. Le cimetière du Commonwealth War Graves se trouve sur le rivage de la baie de Souda et rassemble les morts alliés de la bataille de Crète, qui a débuté le 20 mai 1941. Le cimetière militaire allemand est un site distinct, au-dessus du village de Maleme, à environ 20 km à l’ouest, près de l’endroit où les premiers parachutistes ont atterri.
Y a-t-il de bonnes plages sur la péninsule d’Akrotiri ?
Akrotiri n’est pas réputée pour ses plages comme le sont d’autres côtes de l’ouest de la Crète. On y trouve des criques tranquilles plutôt qu’une bande de stations balnéaires, la plus connue étant Seitan Limania, accessible par un escalier abrupt ou en bateau, et Marathi, une baie abritée plus souvent visitée lors d’une excursion en bateau depuis Souda que rejointe directement en voiture.
Peut-on visiter Souda et Akrotiri en bus ?
C’est difficile. Le réseau de cars KTEL est vraiment pratique le long de la route côtière nord entre Chania, Rethymno, Héraklion et Agios Nikolaos, mais il ne dessert pas les monastères ni les points de vue de la péninsule d’Akrotiri de façon pratique. Une voiture de location ou un taxi depuis Chania restent la solution réaliste.
Faut-il s’habiller d’une certaine façon pour visiter les monastères d’Akrotiri ?
Oui. Agia Triada et Gouverneto sont des monastères en activité, avec le même code vestimentaire qu’Arkadi ou Preveli : épaules et genoux couverts, pour les hommes comme pour les femmes. Certains gardent des châles à l’entrée pour les visiteurs mal préparés, mais il est plus prudent de ne pas compter dessus.
Y a-t-il de la vie nocturne ou des sports nautiques organisés à Akrotiri ?
Non. Akrotiri est un mélange de monastères, de terres agricoles, de la base navale et de quelques criques tranquilles ; il n’y a ni vie nocturne de station balnéaire ni club de plage avec jet-skis ou bouées tractées. Les excursions en bateau qui partent du port de Souda se dirigent vers la baie de Marathi ou Seitan Limania plutôt que de proposer des activités sur le littoral même d’Akrotiri.


